Qu’est-ce qui fait de nous ce que nous sommes ?

Sommes-nous la même personne qu’il y a trois, dix ou vingt ans ? Cette question peut paraître simpliste. Nous avons bien l’impression d’être toujours la même personne, de conserver la même identité quel que soit notre âge.

Pourtant notre façon de penser, notre manière d’agir et notre corps évoluent avec le temps, parfois radicalement. Nous changeons d’opinion, grandissons, vieillissons, sans cesser d’être nous. Quel est alors le fondement de notre identité ?

Cette question n’est pas nouvelle, et de grands penseurs ont tenté d’y apporter une réponse. Nous  avons voulu vous présenter les travaux du philosophe anglais John Locke sur le sujet.

Image d'une bibliothèque

L’identité est-elle entièrement liée au corps ?

Une thèse courante à l’époque de Locke était la théorie corporelle. D’après elle, nous conservons la même identité tout au long de notre vie, et cela car nous gardons le même corps de la naissance à la mort.

Pourtant, le corps humain change de manière constante au cours de la vie. Les cellules qui le composent sont remplacées en permanence si bien qu’au bout de sept ans elles ont toutes été renouvelées au moins une fois. De même, l’apparence, la taille et la vitalité du corps évoluent avec le temps.

C’est l’équivalent d’un bateau dont les planches auraient toutes été remplacées au moins une fois au cours de son existence. Si la matière qui le compose n’est plus la même qu’à sa construction, est-ce alors toujours le même bateau ? La même question  se pose chez l’être humain : il faut donc aller chercher ailleurs la nature de notre identité.

Homme dehors qui réfléchit

La thèse de Locke

Locke propose une nouvelle approche. Pour lui, l’identité est liée à la conscience plutôt qu’au corps. Cependant, notre conscience évolue au cours du temps, sous l’influence de notre expérience. Elle n’est plus la même que lorsque nous étions enfants et ne sera plus tout à fait la même d’ici quelques années.

Pour résoudre ce problème, Locke introduit la notion de “souvenir”. Si on ne se souvient pas forcément des vêtements qu’on a mis il y a une semaine, on se souvient de ce que l’on a fait ce jour-là et ce souvenir nous connecte à la personne qui a mis ces vêtements. Nos souvenirs fonctionnent comme une chaîne qui relie nos différents états de conscience et nous permet ainsi de conserver notre identité au cours du temps. D’après Locke, ce sont donc nos souvenirs qui font de nous ce que nous sommes !

Locke n’est pas le seul à avoir réfléchi à ces questions, de nombreux autres intellectuels ont étudié l’importance du souvenir, nous vous partagerons leurs visions dans un prochain article.

Pour aller plus loin, nous vous recommandons cette courte vidéo :


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